
declarations micro entreprises
Le statut de micro-entreprise séduit par sa simplicité administrative, mais il implique néanmoins plusieurs déclarations obligatoires tout au long de la vie de l’entreprise. De la création à la déclaration annuelle de revenus, en passant par les déclarations périodiques de chiffre d’affaires, chaque formalité répond à des échéances précises qu’il convient de respecter sous peine de pénalités. Voici le panorama complet des déclarations que doit effectuer tout micro-entrepreneur pour rester en conformité avec l’administration et optimiser la gestion fiscale de son activité.
Dans cet article
ToggleToute création de micro-entreprise doit être déclarée en ligne sur le Guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr), opéré par l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle). Cette plateforme centralise l’ensemble des formalités de création, de modification et de cessation d’activité pour toutes les entreprises, quelle que soit leur forme juridique.
Pour créer une micro-entreprise, le déclarant doit sélectionner « Entrepreneur individuel » comme forme d’entreprise, puis renseigner les informations suivantes :
Selon la nature de l’activité, différents documents peuvent être demandés :
Une fois la formalité validée, la micro-entreprise est automatiquement inscrite au Registre national des entreprises (RNE). L’INSEE attribue alors un numéro SIREN (identifiant de l’entreprise) et un numéro SIRET (identifiant de l’établissement), indispensables pour facturer et exercer légalement.
La création d’une micro-entreprise est gratuite pour la plupart des activités. Seuls certains frais peuvent s’appliquer pour les activités nécessitant une inscription spécifique (agents commerciaux notamment).
La déclaration de chiffre d’affaires constitue l’obligation récurrente principale du micro-entrepreneur. Elle permet à l’URSSAF de calculer et prélever les cotisations sociales dues au titre du régime micro-social simplifié.
Point essentiel : cette déclaration est obligatoire même si le chiffre d’affaires est nul. Dans ce cas, il suffit d’indiquer « 0 » dans les cases correspondantes. L’absence de déclaration expose à une pénalité forfaitaire par échéance manquante et peut entraîner un calcul des cotisations sur une base forfaitaire majorée.
Lors de la création de la micro-entreprise, l’entrepreneur choisit entre deux options :
La déclaration mensuelle : le chiffre d’affaires de chaque mois est déclaré avant la fin du mois suivant. Cette option convient aux entrepreneurs qui souhaitent un suivi régulier ou qui doivent fournir des justificatifs de revenus fréquents (demandes de prime d’activité, recherche de logement, etc.).
La déclaration trimestrielle : le chiffre d’affaires de chaque trimestre civil est déclaré avant la fin du mois suivant le trimestre concerné.
| Trimestre | Période concernée | Date limite de déclaration |
| 1er trimestre | Janvier à mars | 30 avril |
| 2e trimestre | Avril à juin | 31 juillet |
| 3e trimestre | Juillet à septembre | 31 octobre |
| 4e trimestre | Octobre à décembre | 31 janvier de l’année suivante |
L’option choisie vaut pour l’année civile entière et est reconduite tacitement. Pour en changer, il faut en faire la demande avant le 31 octobre pour une application au 1er janvier de l’année suivante.
Un délai minimum de 90 jours s’écoule entre la date de début d’activité et la première déclaration exigible. Ce délai permet à l’URSSAF d’activer le compte du micro-entrepreneur.
Exemple : pour une activité débutant le 15 février avec une déclaration mensuelle, la première échéance interviendra fin mai (couvrant les mois de février, mars et avril).
La déclaration s’effectue exclusivement en ligne sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr ou via l’application mobile dédiée. Après connexion à l’espace personnel :
Le chiffre d’affaires à déclarer correspond aux sommes effectivement encaissées durant la période, hors taxes. Les factures émises mais non encore réglées ne sont pas à inclure.
Le formulaire distingue généralement trois catégories :
Les débours (sommes avancées au nom et pour le compte du client, facturées au nom de ce dernier) ne sont pas à inclure dans le chiffre d’affaires. En revanche, les frais de déplacement refacturés au client, même s’ils correspondent à des indemnités kilométriques, doivent être intégrés.
En cas de déclaration manquante, l’URSSAF applique :
Si aucune déclaration n’est effectuée pendant 8 trimestres consécutifs (soit 2 ans), la micro-entreprise est automatiquement radiée.
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local dû par toutes les entreprises et travailleurs indépendants exerçant une activité professionnelle non salariée. Elle fait partie de la Contribution Économique Territoriale (CET).
La CFE est calculée sur la base de la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l’activité. Pour les micro-entrepreneurs travaillant à domicile ou sans local dédié, une cotisation minimale s’applique, déterminée selon le chiffre d’affaires et la commune d’implantation.
Lors de la création d’une micro-entreprise, le formulaire 1447-C-SD doit être complété et transmis au Service des Impôts des Entreprises (SIE) avant le 31 décembre de l’année de création.
Ce formulaire permet de :
À noter : les micro-entrepreneurs doivent cocher la case « Micro-entrepreneur bénéficiant du régime micro-social » dans le formulaire.
Plusieurs cas d’exonération existent :
À partir de la deuxième année d’activité (ou de la troisième année à taux plein), l’avis de CFE est disponible dans l’espace professionnel sur impots.gouv.fr. Le paiement doit être effectué par voie dématérialisée avant le 15 décembre de chaque année.
Aucune déclaration annuelle n’est ensuite nécessaire, sauf en cas de modification de la situation (changement d’adresse, de surface des locaux) qui doit être signalée via le formulaire 1447-M-SD.
Chaque année, le micro-entrepreneur doit déclarer ses revenus professionnels dans sa déclaration d’impôt sur le revenu, via le formulaire complémentaire 2042-C-PRO. Cette déclaration est obligatoire même en cas de chiffre d’affaires nul et même si le versement libératoire a été choisi.
La déclaration de revenus s’effectue au printemps, généralement entre avril et juin. Les dates limites varient selon le département de résidence et le mode de déclaration (en ligne ou papier). Le calendrier précis est communiqué chaque année par l’administration fiscale.
La déclaration s’effectue en ligne sur impots.gouv.fr, depuis l’espace particulier. Lors de l’étape de sélection des revenus à déclarer, il convient de cocher la case correspondant à sa situation :
Sans versement libératoire (régime classique) :
| Type d’activité | Case à remplir |
| Ventes de marchandises, fourniture de logement | 5KO |
| Prestations de services commerciales ou artisanales | 5KP |
| Activités libérales (BNC) | 5HQ |
Avec versement libératoire :
| Type d’activité | Case à remplir |
| Ventes de marchandises | 5TA |
| Prestations de services BIC | 5TB |
| Activités libérales (BNC) | 5TE |
Il faut indiquer le chiffre d’affaires brut de l’année, sans appliquer soi-même l’abattement forfaitaire. C’est l’administration fiscale qui applique automatiquement l’abattement selon la nature de l’activité :
Le minimum d’abattement est fixé à 305 €, représentatif des frais professionnels.
Si le micro-entrepreneur a opté pour le versement libératoire, il s’est déjà acquitté de l’impôt sur le revenu lors de ses déclarations URSSAF. La déclaration 2042-C-PRO reste néanmoins obligatoire car elle permet :
Par défaut, le micro-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA : il ne facture pas la TVA à ses clients et n’a aucune déclaration de TVA à effectuer. En contrepartie, il ne peut pas récupérer la TVA sur ses achats professionnels.
Toutes les factures doivent alors porter la mention : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
La franchise de TVA s’applique tant que le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas certains seuils, qui varient selon la nature de l’activité :
| Type d’activité | Seuil de franchise | Seuil majoré |
| Ventes de marchandises, fourniture de logement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
Fonctionnement des seuils :
Lorsque les seuils sont franchis, le micro-entrepreneur doit :
Une fois redevable de la TVA, le micro-entrepreneur doit effectuer des déclarations régulières :
Régime simplifié (par défaut si TVA annuelle inférieure à 15 000 €) :
Régime réel normal (si TVA annuelle supérieure à 15 000 €) :
Même sous les seuils, un micro-entrepreneur peut volontairement opter pour la TVA. Cette option peut être intéressante s’il réalise des achats importants (matériel, véhicule) pour lesquels il souhaite récupérer la TVA. L’option est valable pour 2 ans minimum et reconduite tacitement.
Si le micro-entrepreneur réalise des prestations de services à destination de clients professionnels établis dans un autre État membre de l’Union européenne, il doit effectuer une Déclaration Européenne de Services auprès des douanes, via le portail dédié.
Cette déclaration est à transmettre dans les 10 jours ouvrables suivant le mois de la facturation.
En cas d’échanges de marchandises avec d’autres pays de l’Union européenne (achats ou ventes), une déclaration spécifique peut être requise selon les montants concernés.
Tout changement affectant la micro-entreprise doit être déclaré sur le Guichet unique :
| Déclaration | Fréquence | Échéance | Support |
| Création d’activité | Unique | Avant le début d’activité | Guichet unique (INPI) |
| Chiffre d’affaires URSSAF | Mensuelle ou trimestrielle | Fin du mois suivant la période | autoentrepreneur.urssaf.fr |
| Déclaration initiale CFE | Unique | 31 décembre de l’année de création | Formulaire 1447-C-SD |
| Déclaration de revenus | Annuelle | Avril à juin (selon département) | impots.gouv.fr (2042-C-PRO) |
| TVA (si redevable) | Mensuelle, trimestrielle ou annuelle | Variable selon le régime | impots.gouv.fr |
Noly Compta accompagne les micro-entrepreneurs dans leurs obligations déclaratives. Notre plateforme de fiscalité vous aide à ne manquer aucune échéance et à optimiser votre situation fiscale. Nos experts sont disponibles pour répondre à vos questions et vous guider dans vos démarches administratives.
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