
AGA, URSSAF, CARPIMKO : quid dans le secteur libéral ?
Dès les premières semaines d’installation, les libéraux de santé — infirmières, kinés, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues — doivent composer avec un trio d’organismes aux rôles bien distincts : l’AGA, l’URSSAF et la CARPIMKO. Chacun obéit à ses propres règles, son propre calendrier et ses propres bases de calcul, ce qui peut rapidement devenir source d’erreurs coûteuses.
Pour un cabinet qui démarre, comprendre ce fonctionnement est essentiel : c’est ce qui permet d’anticiper la trésorerie, d’éviter les redressements et de tirer parti des quelques avantages fiscaux encore en vigueur. Noly Compta accompagne chaque jour les professions libérales dans ces démarches, avec une comptabilité en ligne adaptée aux libéraux de santé.
Cet article clarifie le rôle de chaque organisme, détaille les taux applicables et propose un exemple chiffré concret pour une infirmière libérale.
Dans cet article
ToggleL’URSSAF collecte les cotisations maladie, CSG-CRDS et allocations familiales. La CARPIMKO gère la retraite de base, la retraite complémentaire et la prévoyance invalidité-décès des auxiliaires médicaux. L’AGA (Association de Gestion Agréée) est une structure d’accompagnement comptable et fiscal, désormais facultative depuis la suppression totale de la majoration de 25 % sur les revenus 2023.
En pratique, ces trois interlocuteurs interviennent à des moments différents : l’URSSAF et la CARPIMKO prélèvent régulièrement (mensuel ou trimestriel), tandis que l’AGA intervient en amont de la déclaration annuelle n°2035 pour fiabiliser les données fiscales. Les professionnels qui les confondent — ou qui négligent l’un d’eux — s’exposent à des pénalités ou, pire, à un redressement.
Chaque organisme a un périmètre précis, une assiette propre et des échéances spécifiques. Le tableau ci-dessous récapitule l’essentiel.
| Organisme | Nature | Périmètre couvert | Base de calcul |
|---|---|---|---|
| URSSAF | Collecteur social | Maladie-maternité, CSG-CRDS, allocations familiales, CURPS | Bénéfice professionnel après abattement forfaitaire de 26 % (assiette unique depuis la réforme 2026) |
| CARPIMKO | Caisse de retraite | Retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès | Revenus professionnels N-1 (régularisation N+1) |
| AGA | Association d’accompagnement | Visa fiscal, prévention, conseil comptable | Adhésion facultative, cotisation annuelle (généralement 150 à 250 € HT) |
Concrètement, depuis la réforme de l’assiette sociale applicable en 2026, les cotisations URSSAF et la CSG-CRDS sont calculées sur une base unique : le bénéfice professionnel diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %. La cotisation maladie est désormais harmonisée à 8,5 % pour l’ensemble des professions libérales, contre 6,5 % auparavant pour les professions réglementées. Les allocations familiales restent à 0 % sous 49 024 € de BNC et plafonnent à 3,10 % au-delà.
Côté CARPIMKO, le régime complémentaire est passé à un système 100 % proportionnel au taux de 8,70 %, et la cotisation invalidité-décès reste forfaitaire à 1 022 € par an, quel que soit le niveau de revenus.
Prenons le cas d’une IDEL (infirmière diplômée d’État libérale) en activité depuis plus de deux ans, avec un BNC annuel de 50 000 €.
Le calcul se déroule ainsi : l’assiette sociale URSSAF est obtenue en appliquant l’abattement forfaitaire de 26 % (50 000 × 0,74 = 37 000 €). Les cotisations maladie et CSG-CRDS s’appliquent sur cette base, tandis que la CARPIMKO calcule ses cotisations sur le BNC réel.
| Poste | Base | Taux / Montant | Cotisation annuelle |
|---|---|---|---|
| Maladie-maternité (URSSAF) | 37 000 € | 8,5 % | ≈ 3 145 € |
| CSG-CRDS (URSSAF) | 37 000 € | 9,7 % | ≈ 3 589 € |
| Allocations familiales | 50 000 € | 0,85 % (taux progressif) | ≈ 425 € |
| CARPIMKO — retraite de base + complémentaire | 50 000 € | ≈ 18 % cumulé | ≈ 9 000 € |
| CARPIMKO — invalidité-décès | forfait | 1 022 € | 1 022 € |
| Total estimé | — | — | ≈ 17 180 € (≈ 34,4 %) |
Interprétation : sur 50 000 € de BNC, une infirmière libérale consacre donc environ un tiers de son revenu aux cotisations sociales. Ce ratio explique pourquoi une anticipation rigoureuse, appuyée par un cabinet d’expertise comptable digital, est indispensable pour éviter les régularisations brutales en N+1.
Trois réflexes permettent d’éviter les principaux pièges. D’abord, mettre à jour son revenu estimatif auprès de l’URSSAF dès qu’une variation significative d’activité est constatée : cela évite un appel régularisé disproportionné. Ensuite, conserver une trésorerie de sécurité représentant au moins 35 % du BNC prévisionnel pour absorber l’ensemble URSSAF + CARPIMKO. Enfin, évaluer chaque année l’intérêt d’adhérer à une AGA : depuis 2023, la majoration de 25 % pour les non-adhérents est totalement supprimée, mais la réduction d’impôt pour frais de comptabilité (plafonnée à 915 €) reste accessible aux professionnels soumis à la déclaration 2035 dont le BNC est inférieur aux limites du régime micro-BNC.
Pour un démarrage serein, il est utile de se faire accompagner par un professionnel qui connaît les spécificités du secteur. Les services dédiés aux infirmiers libéraux permettent par exemple de centraliser déclaration 2035, dialogue avec l’URSSAF et suivi des appels CARPIMKO, sans multiplier les interlocuteurs.
Noly Compta est un cabinet d’expertise comptable 100 % en ligne proposant comptabilité, fiscalité, juridique et social à partir de 25 € HT/mois, pour les entrepreneurs, freelances, SASU, EURL, SARL et professions libérales.
| Sujet | À retenir |
|---|---|
| AGA | Adhésion facultative depuis 2023, intéressante pour la réduction d’impôt (plafond 915 €) en régime réel 2035 |
| URSSAF | Assiette unique depuis 2026, maladie à 8,5 %, CSG-CRDS à 9,7 %, allocations familiales progressives |
| CARPIMKO | Retraite + invalidité-décès obligatoire, forfait décès de 1 022 €/an, complémentaire proportionnelle à 8,70 % |
| Ordre de grandeur | Environ 34 % du BNC consacrés aux cotisations sociales pour une IDEL installée |
| Bonne pratique | Trésorerie de sécurité ≥ 35 % du BNC et dialogue régulier avec un expert |
Pour sécuriser vos statuts, vos échéances et la cohérence de vos déclarations, appuyez-vous sur les fondamentaux juridiques et obligations réglementaires qui encadrent les professions libérales.
1. L’adhésion à une AGA est-elle encore obligatoire pour les libéraux ? Non. Depuis l’imposition des revenus 2023, la majoration de 25 % pour non-adhésion a été totalement supprimée. L’adhésion reste facultative, mais elle ouvre droit à une réduction d’impôt pour frais de tenue de comptabilité, plafonnée à 915 € par an.
2. Comment l’URSSAF calcule-t-elle les cotisations d’un libéral de santé en 2026 ? L’URSSAF applique depuis 2026 une assiette unique égale au bénéfice professionnel après abattement forfaitaire de 26 %. La cotisation maladie est fixée à 8,5 %, la CSG-CRDS à environ 9,7 % et les allocations familiales à 0 % sous 49 024 € de BNC.
3. La CARPIMKO concerne-t-elle tous les libéraux ? Non. Elle couvre uniquement cinq professions paramédicales : infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes et pédicures-podologues. Les médecins relèvent de la CARMF, les avocats de la CNBF, les experts-comptables de la CAVEC.
4. Que se passe-t-il si je ne déclare pas mes revenus à l’URSSAF ou à la CARPIMKO ? Une taxation d’office s’applique, avec des majorations et intérêts de retard. La régularisation intervient l’année suivante, souvent sous forme d’appel de rappel très élevé, qui peut mettre en difficulté la trésorerie d’un cabinet récent.
5. Comment gérer les cotisations quand on est infirmière remplaçante ? Le statut de remplaçante implique des obligations comptables spécifiques (rétrocessions, déclaration 2035, attestations fiscales). Le détail est présenté dans notre guide dédié : obligations comptables de l’infirmière remplaçante.
Noly Compta, expert comptable en ligne, accompagne les professionnels de santé libéraux dans la maîtrise de leurs obligations AGA, URSSAF et CARPIMKO grâce à une approche 100 % digitale pensée pour leur métier.
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