
Régime fiscal SARL
La société à responsabilité limitée (SARL) reste l’une des formes juridiques les plus utilisées en France. Sa fiscalité, bien que régie par des règles précises, offre plusieurs options permettant d’adapter l’imposition à la situation de chaque entreprise et de ses associés.
Le régime fiscal de la SARL détermine non seulement le montant des impôts à payer par la société, mais aussi la fiscalité personnelle des associés et du gérant. Une bonne compréhension de ces mécanismes permet d’optimiser la charge fiscale globale tout en restant dans le cadre légal.
Ce guide détaille l’ensemble des règles fiscales applicables aux SARL en 2026: choix entre impôt sur les sociétés et impôt sur le revenu, taxation des bénéfices et des dividendes, régimes de TVA et cas particulier de la SARL de famille.
Dans cet article
ToggleLa SARL est une société de capitaux soumise de plein droit à l’impôt sur les sociétés (IS). Sans démarche particulière des associés, c’est donc ce régime qui s’applique automatiquement.
Avec l’IS, la société constitue une entité fiscale distincte de ses associés. L’imposition porte sur les bénéfices réalisés par la société elle-même, indépendamment de leur distribution aux associés.
Les associés ne sont personnellement imposés que sur les sommes qu’ils perçoivent effectivement :
Le taux normal de l’impôt sur les sociétés s’établit à 25 % pour toutes les entreprises, quel que soit leur chiffre d’affaires.
Un taux réduit de 15 % s’applique sur la fraction des bénéfices n’excédant pas 42 500 € pour les PME remplissant les conditions suivantes :
| Tranche de bénéfice | Taux applicable | Conditions |
|---|---|---|
| Jusqu’à 42 500 € | 15 % | PME éligibles (CA ≤ 10 M€, capital libéré, détention 75 % personnes physiques) |
| Au-delà de 42 500 € | 25 % | Toutes les sociétés |
Exemple de calcul : Une SARL éligible au taux réduit réalise un bénéfice fiscal de 80 000 €.
Sans le taux réduit, l’IS aurait été de 80 000 € × 25 % = 20 000 €, soit une économie de 4 250 €.
Avantages :
Inconvénients :
Une SARL peut opter pour le régime de l’impôt sur le revenu si elle remplit toutes les conditions suivantes (article 239 bis AB du CGI) :
L’option pour l’IR nécessite l’accord unanime de tous les associés. Elle doit être notifiée au service des impôts des entreprises dans les 3 premiers mois de l’exercice au titre duquel elle s’applique.
L’option est valable pour 5 exercices comptables et ne peut pas être renouvelée. Il est possible d’y renoncer avant son terme en informant l’administration fiscale dans les 3 premiers mois de l’exercice concerné.
Attention : toute sortie de l’option IR, quelle qu’en soit la cause, est définitive. La société ne pourra plus opter à nouveau pour ce régime.
Lorsque la SARL est à l’IR, les bénéfices sont directement imposés entre les mains des associés, proportionnellement à leur participation au capital. Chaque associé intègre sa quote-part du résultat dans sa déclaration personnelle de revenus.
La catégorie d’imposition dépend de l’activité :
Avantages :
Inconvénients :
Pour approfondir les dispositifs permettant de réduire l’imposition, consultez notre guide sur les abattements fiscaux 2025.
Depuis 2018, les dividendes perçus par les associés personnes physiques sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU), également appelé flat tax.
Le PFU s’élève à 30 %, répartis ainsi :
Ce taux unique s’applique quel que soit le montant des dividendes et indépendamment des autres revenus de l’associé.
L’associé peut choisir de soumettre ses dividendes au barème progressif de l’impôt sur le revenu en cochant la case 2OP de sa déclaration de revenus.
Dans ce cas, les dividendes bénéficient d’un abattement de 40 % avant application du barème. Seuls 60 % des dividendes sont donc imposés selon la tranche marginale d’imposition du contribuable.
Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus, mais une partie de la CSG (6,8 %) devient déductible du revenu imposable l’année suivante.
Comparatif PFU / Barème progressif :
| Critère | PFU (flat tax) | Barème progressif |
|---|---|---|
| Taux IR | 12,8 % fixe | Selon TMI (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %) |
| Abattement | Aucun | 40 % sur dividendes |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | 17,2 % |
| Déductibilité CSG | Non | Oui (6,8 %) |
| Taux global effectif | 30 % | Variable selon TMI |
Conseil : Le barème progressif est généralement plus avantageux pour les contribuables dont la tranche marginale d’imposition est de 11 % ou moins. Au-delà de 30 %, le PFU devient préférable.
Le gérant majoritaire de SARL (détenant plus de 50 % des parts, seul ou avec son conjoint et ses enfants mineurs) est affilié au régime des travailleurs non salariés (TNS).
Pour lui, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social élargi est soumise aux cotisations sociales TNS (environ 45 %), et non aux simples prélèvements sociaux de 17,2 %.
Le capital social élargi se calcule ainsi : Capital social + Primes d’émission + Solde moyen annuel du compte courant d’associé
Exemple : Un gérant majoritaire détient 100 % d’une SARL au capital de 10 000 €. Son compte courant d’associé présente un solde moyen de 5 000 €.
Stratégie d’optimisation : Augmenter le capital social ou le compte courant d’associé permet d’accroître le seuil de 10 % et donc la part de dividendes échappant aux cotisations sociales TNS.
La franchise en base de TVA dispense la SARL de collecter et reverser la TVA. En contrepartie, elle ne peut pas récupérer la TVA sur ses achats.
Seuils applicables en 2025 (maintenus suite à la loi du 3 novembre 2025) :
| Type d’activité | Seuil de franchise | Seuil de tolérance |
|---|---|---|
| Ventes de marchandises, hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
Fonctionnement des seuils depuis 2025 :
La SARL en franchise de TVA doit mentionner sur ses factures : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
Le régime réel simplifié s’applique aux SARL dont le chiffre d’affaires est compris entre :
La déclaration de TVA est annuelle (CA12), avec versement de deux acomptes semestriels en juillet et décembre.
Le régime réel normal concerne les SARL dépassant les seuils du régime simplifié ou celles qui ont opté pour ce régime.
La déclaration et le paiement de la TVA sont mensuels (CA3), ou trimestriels si la TVA annuelle est inférieure à 4 000 €.
La SARL de famille est une SARL classique qui remplit des conditions particulières permettant une option dérogatoire pour l’impôt sur le revenu.
Conditions cumulatives (article 239 bis AA du CGI) :
Contrairement à l’option IR classique (article 239 bis AB), l’option pour le régime des sociétés de personnes accordée à la SARL de famille présente plusieurs avantages :
L’option cesse automatiquement de produire ses effets si une personne ne remplissant pas les conditions de lien familial devient associée.
La SARL de famille est particulièrement adaptée pour :
Pour les associés de SARL à l’IR ou pour l’imposition des dividendes au barème progressif, voici les tranches applicables en 2026 (revenus 2025) :
| Tranche de revenu (par part) | Taux d’imposition |
|---|---|
| Jusqu’à 11 497 € | 0 % |
| De 11 498 € à 29 315 € | 11 % |
| De 29 316 € à 83 823 € | 30 % |
| De 83 824 € à 180 294 € | 41 % |
| Au-delà de 180 294 € | 45 % |
| Critère | SARL à l’IS | SARL à l’IR |
|---|---|---|
| Imposition des bénéfices | Au niveau de la société (15 % puis 25 %) | Au niveau des associés (barème IR) |
| Double imposition | Oui (IS + imposition des dividendes) | Non |
| Rémunération du gérant | Déductible du résultat | Non déductible |
| Déficits | Reportables sur les bénéfices futurs | Imputables sur le revenu global des associés |
| Flexibilité | Bénéfices conservés = pas d’imposition supplémentaire | Bénéfices imposés même non distribués |
| Durée de l’option | Régime par défaut | 5 ans maximum (illimité pour SARL de famille) |
| Adapté si… | Bénéfices importants, réinvestissement, TMI élevée | Phase de lancement, déficits, TMI faible |
Le régime fiscal de la SARL offre une réelle flexibilité grâce aux différentes options disponibles. Le choix entre IS et IR dépend de nombreux facteurs : niveau des bénéfices, situation personnelle des associés, stratégie de distribution, phase de développement de l’entreprise.
L’IS conviendra généralement aux sociétés générant des bénéfices significatifs et souhaitant les réinvestir, tandis que l’IR sera préférable en phase de démarrage ou pour les associés faiblement imposés. La SARL de famille constitue une solution particulièrement avantageuse pour les projets familiaux, notamment en location meublée.
Une analyse personnalisée reste indispensable pour optimiser la fiscalité de votre SARL. Contactez nos experts Noly Compta pour bénéficier d’un accompagnement adapté à votre situation.
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