
BNC ou micro-BNC : que choisir quand on est IDEL ?
Le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée détermine directement le montant de vos cotisations sociales et de votre impôt sur le revenu en tant qu’infirmier libérale.
Le régime micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34% sur vos recettes, sans distinction de vos charges réelles. La déclaration contrôlée, ou BNC réel, permet de déduire l’intégralité de vos charges professionnelles effectives. Cette différence impacte votre revenu imposable et vos prélèvements sociaux. Beaucoup d’IDEL restent en micro-BNC par défaut, sans évaluer si le régime réel ne serait pas plus avantageux selon leur structure de charges.
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ToggleLe régime micro-BNC s’applique automatiquement aux infirmiers libéraux dont les recettes annuelles restent inférieures à 77 700 € en 2024 (art. 102 ter, Code général des impôts).
Ce régime applique un abattement forfaitaire de 34% sur vos recettes brutes pour déterminer votre bénéfice imposable. Par exemple, pour 50 000 € de recettes, votre bénéfice imposable sera de 33 000 € (50 000 – 34%). Aucune déduction de charges réelles n’est possible. La déclaration contrôlée, en revanche, permet de déduire toutes vos charges professionnelles réelles : cotisations sociales, loyer du cabinet, véhicule, matériel médical, assurances. Le revenu imposable correspond alors à vos recettes moins vos charges effectives.
En pratique : une IDEL avec 60 000 € de recettes et 25 000 € de charges réelles paie ses cotisations et impôts sur 39 600 € en micro-BNC (60 000 – 34%), contre 35 000 € en régime réel (60 000 – 25 000).
Une IDEL en micro-BNC fait face à des formalités réduites : elle doit simplement tenir un livre des recettes chronologique et conserver ses justificatifs. Aucune comptabilité d’engagement n’est exigée.
Le régime de la déclaration contrôlée impose la tenue d’une comptabilité complète : livre-journal des recettes et dépenses, enregistrement des immobilisations, calcul des amortissements et dépôt annuel d’une déclaration 2035 accompagnée de ses annexes.
Cette différence administrative explique pourquoi de nombreux professionnels privilégient le micro-BNC en début d’activité, même si le régime réel serait financièrement plus avantageux. L’accompagnement par un fiscalité expert comptable en ligne devient alors nécessaire pour optimiser la gestion au régime réel, tout en maîtrisant les coûts. Un expert comptable pour infirmière facture généralement entre 600 € et 1 200 € par an pour une tenue au réel, à comparer avec l’économie fiscale potentielle.
Taux de charges réelles : 34% – Seuil d’équivalence entre micro-BNC et déclaration contrôlée pour déterminer le régime optimal.
Si vos charges professionnelles représentent exactement 34% de vos recettes, les deux régimes produisent le même résultat fiscal. Lorsque vos charges dépassent 34%, le régime réel devient systématiquement plus avantageux. À l’inverse, si vos charges restent inférieures à 34%, le micro-BNC maximise votre revenu net disponible.
Prenons un exemple concret : une IDEL réalise 65 000 € de recettes annuelles avec 24 000 € de charges réelles (37% des recettes). En micro-BNC, son bénéfice imposable sera de 42 900 € (65 000 – 34%). Au régime réel, il s’établit à 41 000 € (65 000 – 24 000). L’écart de 1 900 € sur le revenu imposable génère une économie d’environ 800 € d’impôt et de cotisations sociales, après déduction des honoraires comptables.
Les charges déductibles courantes d’une IDEL incluent : cotisations URSSAF et CARPIMKO, véhicule professionnel (barème kilométrique ou frais réels), loyer et charges du cabinet, matériel médical et fournitures, assurance responsabilité civile professionnelle, formation continue obligatoire et frais de repas lors des déplacements professionnels.
Trois profils types se distinguent dans le choix du régime fiscal adapté.
La première année d’installation constitue un cas particulier : vous pouvez opter pour le régime réel dès votre déclaration de début d’activité, même si vos recettes prévisionnelles restent sous le seuil des 77 700 €.
Cette option permet de déduire l’intégralité des frais d’installation (achat de matériel, véhicule, équipement informatique, honoraires juridiques). Dans la pratique professionnelle, cette option est privilégiée lorsque les investissements initiaux dépassent 15 000 €, car l’économie fiscale compense largement les frais de tenue comptable. Pour valider votre choix, vous pouvez s’inscire sur noly-compta et bénéficier d’une simulation personnalisée en fonction de votre structure de charges.
Délai d’option : date limite de dépôt de la déclaration 2035 – Depuis la loi de finances 2022, les délais d’option et de renonciation sont alignés sur la date de dépôt de la déclaration de résultats.
Pour opter volontairement pour le régime réel, il suffit de déposer une déclaration 2035 dans les délais légaux. Aucun courrier préalable n’est requis : le dépôt de la liasse fiscale vaut option. Cette option doit intervenir au plus tard le 2ème jour ouvré suivant le 1er mai de l’année suivante, soit début mai 2026 pour les revenus 2025. Un délai supplémentaire de 15 jours calendaires s’applique en cas de télétransmission.
L’option est valable un an et reconduite tacitement chaque année civile, sauf renonciation expresse de votre part. Si vos recettes dépassent le seuil de 77 700 € pendant deux années consécutives, le passage au régime réel devient automatique et ne nécessite aucune démarche.
Le retour au micro-BNC est possible à l’issue d’une année au régime réel, sous réserve que vos recettes respectent le seuil de 77 700 €. Pour renoncer à la déclaration contrôlée, vous devez notifier votre choix au Service des Impôts des Entreprises avant la date limite de dépôt de la déclaration 2035 de l’année précédant celle au titre de laquelle la renonciation s’applique.
En pratique : pour revenir au micro-BNC à compter des revenus 2026, la renonciation doit être adressée au SIE avant la mi-mai 2026 (date limite de dépôt de la 2035 des revenus 2025). Cette notification peut être effectuée sur papier libre ou via la messagerie sécurisée de votre espace professionnel sur impots.gouv.fr., le calendrier comptable pour les infirmiers libérales vous permet de planifier vos obligations déclaratives.
Le maintien en micro-BNC par défaut, sans analyse de vos charges réelles, constitue l’erreur la plus fréquente et peut générer un surcoût fiscal de 1 000 à 3 000 € par an selon votre situation.
Beaucoup d’IDEL conservent le régime micro-BNC malgré des charges dépassant largement 34% de leurs recettes, uniquement pour éviter la gestion comptable. Cette solution est rarement retenue lorsque les charges professionnelles excèdent 25 000 € annuels, car l’économie réalisée au régime réel dépasse systématiquement les honoraires comptables. L’autre erreur fréquente concerne l’anticipation du dépassement du seuil : en cas de franchissement de 77 700 € en année N sans option préalable, vous restez en micro-BNC pour l’année N et basculez automatiquement au réel en N+1 seulement si le dépassement se répète.
Pourquoi cette différence ? Le législateur accorde une tolérance pour les dépassements ponctuels, mais pénalise les situations de sous-déclaration récurrente. Enfin, de nombreux professionnels oublient des charges déductibles pourtant significatives : formation continue obligatoire (DPC), cotisations syndicales, frais de comptabilité, part professionnelle du téléphone et d’internet, ou encore amortissement du matériel informatique. Pour optimiser votre déclaration et sécuriser vos choix fiscaux, vous pouvez réserver une démo avec un expert spécialisé dans les professions libérales de santé.
Le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée repose principalement sur trois critères vérifiables : le ratio charges/recettes (seuil de 34%), la structure de votre activité (cabinet fixe ou déplacements) et votre capacité à gérer une comptabilité complète.
Aucun régime n’est universellement supérieur. Le micro-BNC convient aux IDEL avec peu de charges fixes et une activité variable. Le régime réel s’impose dès que vos charges dépassent 34% ou que vous investissez dans du matériel amortissable. Dans la pratique professionnelle, cette bascule intervient généralement après 2 à 3 ans d’exercice, lorsque l’activité se stabilise et que les investissements initiaux sont amortis.
Une simulation personnalisée reste indispensable pour mesurer l’impact fiscal réel de chaque option. Les économies réalisées varient de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros selon votre situation. Cette analyse doit intégrer non seulement l’impôt sur le revenu, mais aussi les cotisations sociales calculées sur votre revenu professionnel. Un accompagnement adapté permet de sécuriser ce choix et d’optimiser durablement votre fiscalité.
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