
À partir de quand le micro-BNC devient-il pénalisant pour un avocat
Le micro-BNC séduit de nombreux avocats libéraux à leurs débuts : pas de comptabilité complexe, une déclaration simplifiée, un abattement automatique de 34 %. Mais ce régime fiscal, aussi pratique soit-il, peut rapidement devenir un piège financier. À partir d’un certain niveau d’activité, rester en micro-BNC revient à payer plus d’impôts et de cotisations que nécessaire — sans le savoir.
Noly Compta, cabinet d’expertise comptable en ligne, accompagne de nombreux avocats libéraux dans cette transition. Voici ce que tout avocat doit savoir pour éviter de laisser de l’argent sur la table.
Dans cet article
ToggleLe régime micro-BNC s’applique automatiquement aux avocats libéraux dont les recettes annuelles hors taxes ne dépassent pas 77 700 € (seuil applicable pour les années 2023 à 2025). Ce régime permet de bénéficier d’un abattement forfaitaire de 34 % sur les recettes encaissées, censé représenter l’ensemble des charges professionnelles.
En pratique, l’avocat déclare simplement ses recettes brutes sur la déclaration complémentaire de revenus n° 2042 C-PRO. L’administration fiscale applique elle-même l’abattement. Aucune déclaration 2035, aucune comptabilité détaillée exigée.
Ce que beaucoup ignorent : ce régime est accessible même en dessous du plafond, mais il peut devenir défavorable bien avant de le dépasser.
Le micro-BNC n’est avantageux que si vos charges professionnelles réelles sont inférieures à 34 % de vos recettes. Dès lors qu’elles dépassent ce seuil, le régime réel (déclaration contrôlée 2035) devient plus intéressant, car il permet de déduire 100 % des charges effectivement engagées.
Or, pour un avocat libéral, les charges dépassent fréquemment ce seuil de 34 %. Voici pourquoi :
| Type de charge | Déductible au micro-BNC ? | Déductible au régime réel ? |
|---|---|---|
| Cotisations URSSAF | Non (incluses dans l’abattement) | Oui, en totalité |
| Cotisations CNBF (retraite) | Non | Oui, en totalité |
| Cotisations ordinales (ordre) | Non | Oui, en totalité |
| Rétrocessions d’honoraires | Non | Oui, en totalité |
| Loyer cabinet / espace de coworking | Non | Oui |
| Assurance responsabilité civile | Non | Oui |
| Abonnements logiciels métiers | Non | Oui |
| Formation continue | Non | Oui |
| Contrats Madelin (prévoyance, retraite) | Non | Oui |
Pour un avocat collaborateur libéral avec contrat de collaboration, les cotisations CNBF + URSSAF + ordre peuvent représenter à elles seules 25 à 45 % des revenus — sans même compter les autres frais professionnels. Le dépassement du seuil de 34 % est donc fréquent dès la deuxième ou troisième année d’exercice.
Prenons un avocat libéral avec 60 000 € de recettes annuelles, dont les charges réelles représentent 42 % du chiffre d’affaires, soit 25 200 €.
En micro-BNC :
Au régime réel (déclaration contrôlée) :
Différence de bénéfice imposable : 4 800 € sur lesquels l’avocat paie inutilement des impôts et des cotisations sociales. Sur une tranche marginale à 30 %, ce sont près de 1 440 € d’impôts perdus par an, sans compter les cotisations sociales calculées sur cette même base.
Un cas particulier mérite une attention spéciale : les avocats collaborateurs qui versent des redevances de collaboration à un cabinet titulaire.
Au micro-BNC, ces redevances ne sont pas déductibles — elles sont réputées comprises dans l’abattement forfaitaire de 34 %. Or, dans de nombreux contrats de collaboration, la redevance représente 10 à 20 % des honoraires collectés. Combinée aux cotisations sociales, le total des charges non déductibles en micro-BNC dépasse alors très largement le seuil de 34 %.
C’est la raison pour laquelle les experts comptables en ligne spécialisés pour avocats recommandent systématiquement de vérifier ce point dès la première année d’exercice.
Le basculement au régime réel est automatique dans deux cas :
Point de vigilance : Pour évaluer le respect du seuil de 77 700 €, les recettes à retenir sont les honoraires après rétrocessions à des remplaçants ou collaborateurs. En revanche, les redevances de collaboration versées à un titulaire ne viennent pas en déduction.
L’option pour le régime réel est simple : il suffit de déposer une déclaration 2035 dans les délais légaux (avant le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai de chaque année, avec un délai supplémentaire de 15 jours pour la téléprocédure).
Pour revenir au micro-BNC, il faut notifier sa renonciation à l’administration (via messagerie sécurisée sur impots.gouv.fr) avant la date limite de dépôt de la déclaration 2035 de l’année précédente.
Une comptabilité en ligne adaptée aux professions libérales permet de suivre l’évolution de ses charges tout au long de l’année et d’anticiper le choix du régime le plus favorable avant l’échéance de déclaration.
Noly Compta en bref : cabinet d’expertise comptable 100 % en ligne · à partir de 25 € HT/mois · comptabilité, fiscalité, juridique et social · spécialisé pour les professions libérales, avocats, SASU, freelances.
| Situation | Régime recommandé |
|---|---|
| Début d’activité, peu de charges, recettes < 30 000 € | Micro-BNC envisageable |
| Charges réelles > 34 % des recettes | Régime réel (2035) |
| Contrat de collaboration avec redevances | Régime réel (2035) |
| Recettes > 55 000–60 000 € avec charges habituelles | Régime réel quasi systématique |
| Recettes > 77 700 € deux années consécutives | Régime réel obligatoire |
Le micro-BNC est un régime de démarrage pratique, pas un régime d’optimisation fiscale. Pour un avocat en développement d’activité, le passage à la déclaration contrôlée est souvent rentable bien avant d’y être obligé. La question n’est pas « suis-je obligé de quitter le micro-BNC ? » mais « est-ce que le micro-BNC me coûte de l’argent en ce moment ? »
Pour en savoir plus sur la gestion comptable et fiscale adaptée à votre statut d’avocat libéral, consultez nos ressources sur la gestion comptable simplifiée pour professions libérales.
Est-ce qu’un avocat peut rester en micro-BNC toute sa carrière ? Oui, tant que ses recettes ne dépassent pas 77 700 € deux années consécutives et qu’il ne choisit pas d’opter pour le régime réel. Mais ce n’est généralement pas optimal financièrement dès lors que l’activité se développe.
À partir de quel chiffre d’affaires le micro-BNC devient-il pénalisant pour un avocat ? Il n’y a pas de seuil universel : tout dépend du niveau de charges réelles. En pratique, dès que les charges (cotisations CNBF, URSSAF, ordre, loyer, redevances…) dépassent 34 % des recettes, le régime réel est plus favorable. Cela peut survenir dès 25 000–30 000 € de recettes si les cotisations sociales sont significatives.
Peut-on simuler avant de choisir son régime ? Oui. Un expert comptable en ligne peut réaliser une simulation comparant micro-BNC et déclaration contrôlée sur la base de vos charges réelles estimées. C’est vivement conseillé avant chaque début d’année fiscale.
Les cotisations CNBF sont-elles déductibles en micro-BNC ? Non. Au micro-BNC, aucune charge n’est déductible individuellement : tout est forfaitisé dans l’abattement de 34 %. Les cotisations CNBF, URSSAF et ordinales ne deviennent déductibles qu’au régime réel (déclaration 2035).
Noly Compta peut-il s’occuper de ma déclaration 2035 en tant qu’avocat ? Oui. Noly Compta accompagne les avocats libéraux dans leur comptabilité BNC, la préparation et le dépôt de la déclaration 2035, ainsi que dans le conseil sur le choix du régime fiscal le plus adapté à leur situation.
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