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Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu constitue une option fiscale particulièrement intéressante pour les micro-entrepreneurs. Ce régime simplifié permet de s’acquitter de l’impôt en même temps que les cotisations sociales, offrant ainsi une meilleure visibilité sur les charges à payer. En 2026, les conditions d’éligibilité et les modalités de ce dispositif font l’objet de mises à jour importantes qu’il convient de maîtriser pour optimiser sa fiscalité.
Dans cet article
ToggleLe versement forfaitaire libératoire (VFL), également appelé prélèvement libératoire, est un mode d’imposition optionnel réservé aux micro-entrepreneurs. Ce système de taxation simplifié repose sur plusieurs principes fondamentaux.
Contrairement au régime classique où l’impôt sur le revenu est calculé et payé l’année suivant la perception des revenus, le versement libératoire permet un paiement immédiat de l’impôt au fur et à mesure de l’encaissement du chiffre d’affaires. Le prélèvement s’effectue en même temps que les cotisations sociales, soit mensuellement, soit trimestriellement selon l’option choisie lors de la création de l’activité ou ultérieurement.
L’impôt est calculé par application d’un taux forfaitaire directement sur le chiffre d’affaires brut encaissé, sans tenir compte des charges réelles de l’entreprise ni des autres revenus du foyer fiscal. Ce mécanisme offre une grande prévisibilité : le micro-entrepreneur connaît précisément le montant qu’il devra verser dès qu’il encaisse une recette.
Le terme « libératoire » signifie que le paiement effectué libère définitivement le micro-entrepreneur de son obligation fiscale sur les revenus concernés. Ces revenus ne sont plus soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, même s’ils restent pris en compte pour déterminer le taux d’imposition applicable aux autres revenus du foyer (mécanisme du taux effectif).
Pour bénéficier du versement libératoire, le micro-entrepreneur doit remplir deux conditions cumulatives relatives à son revenu fiscal de référence et à son chiffre d’affaires.
Le revenu fiscal de référence du foyer fiscal de l’avant-dernière année (N-2) ne doit pas excéder un certain seuil par part de quotient familial. Ce seuil correspond à la limite supérieure de la deuxième tranche du barème de l’impôt sur le revenu.
Seuils de RFR pour bénéficier du versement libératoire en 2026 (basés sur le RFR 2024 figurant sur l’avis d’imposition 2025) :
| Situation familiale | Nombre de parts | Seuil de RFR maximum |
| Personne seule | 1 part | 29 315 € |
| Couple sans enfant | 2 parts | 58 630 € |
| Couple avec 1 enfant | 2,5 parts | 73 288 € |
| Couple avec 2 enfants | 3 parts | 87 945 € |
| Couple avec 3 enfants | 4 parts | 117 260 € |
Le seuil est majoré de 50% par demi-part supplémentaire ou de 25% par quart de part supplémentaire. Pour vérifier votre éligibilité, consultez votre avis d’imposition et divisez votre revenu fiscal de référence par le nombre de parts de votre foyer fiscal.
Exemple : Un couple avec un enfant (2,5 parts) peut opter pour le versement libératoire en 2026 si son RFR 2024 ne dépasse pas 73 288 € (29 315 € × 2,5).
Le micro-entrepreneur doit respecter les plafonds de chiffre d’affaires du régime de la micro-entreprise. Ces seuils, inchangés pour 2025 et 2026, sont les suivants :
| Nature de l’activité | Plafond de CA annuel HT |
| Vente de marchandises, fourniture de logement | 188 700 € |
| Prestations de services BIC | 77 700 € |
| Prestations de services BNC (activités libérales) | 77 700 € |
| Location de meublés de tourisme classés | 77 700 € |
| Location de meublés de tourisme non classés | 15 000 € |
En cas d’activité mixte (vente + services), le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 188 700 €, avec un maximum de 77 700 € pour la partie services.
Le taux du versement libératoire varie en fonction de la nature de l’activité exercée. Ces taux s’ajoutent aux cotisations sociales dues à l’URSSAF.
| Nature de l’activité | Taux VFL |
| Vente de marchandises (achat-revente) | 1,0 % |
| Fourniture de logement (hôtellerie, chambres d’hôtes, meublés de tourisme) | 1,0 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 1,7 % |
| Activités libérales (BNC) | 2,2 % |
En combinant le versement libératoire et les cotisations sociales, voici les taux globaux prélevés sur le chiffre d’affaires en 2026 :
| Nature de l’activité | Cotisations sociales 2026 | VFL | Taux global |
| Vente de marchandises | 12,3 % | 1,0 % | 13,3 % |
| Prestations de services BIC | 21,2 % | 1,7 % | 22,9 % |
| Prestations de services BNC (hors CIPAV) | 24,6 % → 25,6 %* | 2,2 % | 26,8 % → 27,8 %* |
| Activités libérales CIPAV | 23,2 % | 2,2 % | 25,4 % |
*Note : Pour les activités libérales non affiliées à la CIPAV, le taux de cotisations sociales passera de 24,6 % à 25,6 % en 2026, portant le taux global à 27,8 %.
En plus du versement libératoire et des cotisations sociales, une contribution à la formation professionnelle est prélevée :
Le choix entre le versement libératoire et l’imposition classique dépend de plusieurs facteurs propres à chaque situation.
Le versement libératoire devient intéressant lorsque le taux marginal d’imposition du foyer fiscal est supérieur au taux forfaitaire applicable à l’activité. En pratique, cette option favorise les contribuables dont les revenus globaux les placent dans les tranches supérieures du barème progressif (30%, 41% ou 45%).
Exemple concret : Un consultant (BNC) réalisant 50 000 € de chiffre d’affaires avec le versement libératoire paie 1 100 € d’impôt (50 000 × 2,2 %). Avec le régime classique, son bénéfice imposable serait de 33 000 € après abattement de 34 %, potentiellement imposé à un taux marginal de 30 % selon les autres revenus du foyer.
Le régime classique de la micro-entreprise peut être plus favorable dans les situations suivantes :
Avec le régime classique (micro-fiscal), un abattement forfaitaire est appliqué sur le chiffre d’affaires pour déterminer le bénéfice imposable :
| Nature de l’activité | Taux d’abattement | Bénéfice imposable |
| Vente de marchandises, hébergement | 71 % | 29 % du CA |
| Prestations de services BIC | 50 % | 50 % du CA |
| Activités libérales BNC | 34 % | 66 % du CA |
L’abattement minimum est de 305 €, ce qui signifie que si le montant calculé est inférieur, c’est ce plancher qui s’applique.
Lors de la création de l’activité : L’option peut être exercée directement lors de la déclaration de début d’activité sur le Guichet unique de l’INPI, en cochant la case correspondante. Le versement libératoire s’applique alors dès le premier jour d’activité.
Pour un micro-entrepreneur déjà en activité : La demande doit être adressée à l’URSSAF avant le 30 septembre de l’année N pour une application à compter du 1er janvier N+1.
Délai pour les nouvelles créations : Si l’option n’a pas été exercée lors de la création, elle peut être demandée au plus tard le dernier jour du 3ème mois suivant la création. Par exemple, pour une création en janvier 2026, la demande peut être faite jusqu’au 30 avril 2026.
Pour sortir du dispositif, la demande de renonciation doit également être adressée à l’URSSAF avant le 30 septembre de l’année N pour une prise d’effet au 1er janvier N+1.
Attention : La sortie du versement libératoire n’est pas automatique, même si les conditions ne sont plus remplies. Le micro-entrepreneur doit en faire expressément la demande, sous peine de régularisation ultérieure.
Même avec le versement libératoire, le micro-entrepreneur doit déclarer son chiffre d’affaires sur la déclaration complémentaire des revenus (formulaire 2042-C Pro), dans la rubrique « Micro-entrepreneurs ayant opté pour le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu ». Cette déclaration permet de calculer le revenu fiscal de référence et de déterminer le taux d’imposition applicable aux autres revenus du foyer.
Important : N’oubliez pas de supprimer l’acompte de prélèvement à la source calculé par l’administration fiscale si vous optez pour le versement libératoire. Cette démarche s’effectue depuis votre espace particulier sur impots.gouv.fr.
Le bénéfice du versement libératoire prend fin dans plusieurs situations.
Si le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année dépasse les seuils autorisés, le versement libératoire cesse de s’appliquer au 1er janvier de l’année suivante. C’est au micro-entrepreneur d’informer l’URSSAF de cette situation avant le 30 septembre.
Exemple : Si votre RFR 2024 (avis d’imposition reçu en 2025) dépasse les seuils, vous ne pouvez plus bénéficier du versement libératoire à partir du 1er janvier 2026. Vous devez en informer l’URSSAF avant le 30 septembre 2025.
Le versement libératoire est réservé aux micro-entrepreneurs. En cas de dépassement des plafonds de chiffre d’affaires pendant deux années consécutives, l’entreprise sort du régime de la micro-entreprise au 1er janvier de l’année suivante et perd automatiquement le bénéfice du versement libératoire.
Si le micro-entrepreneur opte volontairement pour un régime réel d’imposition (réel simplifié, réel normal ou déclaration contrôlée), le versement libératoire cesse de s’appliquer.
Les micro-entrepreneurs bénéficiant de l’ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d’Entreprise) peuvent cumuler cette exonération partielle de cotisations sociales avec le versement libératoire. L’ACRE réduit les cotisations sociales de 50% pendant les 4 premiers trimestres civils d’activité, mais le versement libératoire reste calculé sur l’intégralité du chiffre d’affaires.
En cas d’exercice de plusieurs activités relevant de catégories différentes, le micro-entrepreneur applique le taux du versement libératoire correspondant à chaque nature d’activité. La déclaration doit préciser la répartition du chiffre d’affaires par activité.
Lors de la première année d’activité, les seuils de chiffre d’affaires sont calculés au prorata temporis du nombre de jours d’exercice. Par exemple, pour une activité de services créée le 1er juillet 2026 : 77 700 € × (184/365) = 39 175 €.
| Échéance | Action |
| 30 septembre 2025 | Date limite pour opter ou renoncer au VFL pour 2026 |
| 1er janvier 2026 | Entrée en vigueur des nouveaux taux de cotisations sociales pour les activités libérales |
| Avril-juin 2026 | Déclaration des revenus 2025 (formulaire 2042-C Pro) |
| Été 2026 | Réception de l’avis d’imposition 2026 sur les revenus 2025 |
| 30 septembre 2026 | Date limite pour opter ou renoncer au VFL pour 2027 |
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